🏂 Je suis Jenny et je fais pipi au lit

Partie 2 : L’accident

⚠️ Ceci est une œuvre de fiction

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- On part bientôt ? demandé-je impatiente à maman.

- Ohé minute papillon ! Me répond-elle, occupée à plier du linge. Je t’ai dit que je terminais ça avant que nous puissions partir.

Je sens maman un peu agacée, aussi je n’insiste pas. Ce samedi après-midi de janvier, il est prévu que l’on aille faire quelques magasins pour acheter ce qu’il nous manque pour nos vacances d’hiver. L’an dernier, nous n’avons pas pu y aller parce que maman n’avait pas trop d’argent, mais cette année, on part. Je suis trop contente. J’adore la neige et toutes les activités que l’on peut faire.

On a fait un petit point sur ce qu’il nous manque, et Noa et moi avons pas mal grandi. Il faut donc que l’on achète de nouvelles combinaisons de sport d’hiver et des sous-vêtements thermiques. Comme souvent, on va dans cette enseigne de sport bien connue et aux prix bon marché.

- Allez, j’ai terminé, dit maman, on peut y aller.

Noa et moi nous ne nous le faisons pas dire deux fois. Nos chaussures mises, nous nous dirigeons vers l’escalier et montons dans la voiture.

- J’ai l’impression que vous êtes contents d’aller faire ces achats, nous dit maman.

- Ah oui, dis-je, je suis trop contente. Cela veut dire que les vacances vont arriver et que l’on va pouvoir aller faire du ski.

- Et moi, dit Noa, je pourrai essayer le snow cette année ?

- On verra ça, dit maman.

Le trajet se fait vite et une fois dans le magasin, c’est un peu le bazar. Je pars d’un côté, Noa d’un autre, et maman peine à nous discipliner pour nous faire essayer des affaires. Une heure se passe peut-être et nous passons en caisse pour payer nos achats. J’ai essayé plusieurs combinaisons de ski, sous-pulls et collants. Noa a fait de même mais n’était pas très content de devoir porter des collants pendant ces vacances à la neige. “Tu seras bien content de les avoir s’il fait froid”, lui a répondu maman.

Dans la voiture, Noa et moi déballons le contenu du sac pour observer nos achats. J’ai trouvé un petit chauffe-main dans le magasin et je m’amuse à l’activer. Cela chauffe, ça sera trop cool quand il fera froid pendant nos vacances. Tout d’un coup, on entend un “boum” et maman crie avant de stopper complètement la voiture.

Elle en sort rapidement après avoir ouvert la porte. Moi je m’aperçois que l’on est devant notre immeuble. J’entends alors maman crier une nouvelle fois. Je détache alors rapidement ma ceinture et descend pour aller voir pourquoi elle a crié. À peine suis-je auprès d'elle que je vois maman accroupie à côté d’Arnaud, un garçon de ma classe.

- Oh mon dieu, crie maman, je ne t’ai pas vu quand j’ai reculé avec la voiture. Comment ça va ? lui demande-t-elle.

Arnaud ne répond pas, il semble un peu choqué. Son vélo est à côté de lui et à une roue un peu tordue.

- Ne bouge pas, lui dit maman en attrapant son téléphone, j’appelle les secours.

- Ça va, dit enfin Arnaud. Ma tête n’a pas cogné, c’est juste mon vélo qui a tapé votre voiture.

Je crois qu'Arnaud ne m’a pas vu car il ne regarde que maman. En même temps, je ne suis même pas sûr qu’il sache comment je m’appelle, nous ne nous sommes jamais parlé et il est nouveau dans l’école. Alors que je l'observe, je vois quelque chose dépasser de son short. Tout d’un coup, il me regarde et je le vois baisser la tête. Il tire alors soudainement son t-shirt et son pull vers le bas. Arnaud rougit, visiblement très gêné.

- Tu es sûr que ça va ? lui demande maman alors qu'Arnaud se remet debout.

- Oui… oui… très bien… répond-il en me regardant.

- Je pense qu’il est préférable que j’appelle les pompiers et même tes parents. Est-ce que tu connais le numéro de ta maman ou de ton papa ? Et est-ce que tu as mal quelque part ? Tu habites où ?

Maman est en stress, et je la comprends, elle vient de renverser un enfant à vélo.

- Je… ne connais pas son numéro non, dit Arnaud. Et j’habite pas très loin. Et non, je n’ai pas mal. J’ai juste une égratignure sur la jambe.

Je vois alors maman soulever un peu le pantalon percé d’Arnaud et observer son genou. Effectivement, si ce n’est que ça, ce n’est pas grand-chose. Maman regarde alors un peu partout Arnaud : les jambes, les bras, et soulève alors son pull. Arnaud ne réagit pas immédiatement, mais se met à pleurer quelques secondes plus tard quand il comprend que maman et moi avons vu… le haut de sa couche.

- Pourquoi te mets-tu à pleurer ? lui demande maman. C’est parce que tu as mal quelque part ?

- Je crois que c’est parce qu’il a une couche, dis-je à maman.

- Ah mais ce n’est pas grave ça, ne pleure pas pour ça. Je ne dirai à personne que tu en portes une, et Jenny non plus n’est-ce pas ?

Ça me fait bizarre de voir quelqu’un de mon âge porter une couche, qui plus est quelqu’un que je connais.

- Non, bien sûr, dis-je, je te promets que je ne dirai rien.

Je vois alors Arnaud regarder à côté de moi, et en me tournant, je vois Noa qui le regarde.

- Salut Arnaud, lui dit alors Noa.

- Salut, répond Arnaud.

- Mais vous vous connaissez tous les deux ? demande maman.

- On était copain à l’école primaire oui, lui répond Noa.

- Et je le connais aussi, dis-je Ă  maman, on est dans la mĂŞme classe.

- Ah d’accord. Bon, voici ce que l’on va faire. Je vais poser ton vélo sur le côté, je vais me garer comme il faut, et on va monter à l’appartement. On avisera à ce moment-là de ce que l’on va faire. Ça te convient ?

- Oui, répond alors Arnaud.

On fait donc ce que maman vient de dire et nous nous retrouvons peu après dans notre appartement. Arnaud semble gêné, et j’imagine bien que c’est parce qu’il porte une couche. Maman prend de quoi désinfecter ses égratignures, baisse son pantalon et s’occupe de lui. Noa et moi les regardons.

- Oh mais dis-moi, j'ai l'impression que ta couche est mouillée, tu permets que je regarde ? Lui demande maman.

Arnaud bafouille, rougit, et ne répond pas. Maman, qui comprend qu'elle n'obtiendra pas de réponse, tâte sa couche avec sa main.

- Mouillée, dit maman, et pas loin de la fuite de ce que je vois. Jenny, va chercher une couche propre s'il-te-plaît.

Maman ne m'a heureusement pas dit d'aller chercher une de MES couches. Déjà là, je rougis à mon tour, mais si elle avait dit à Arnaud cela, je n'aurais pas su où me mettre. Je m'absente donc quelques secondes pour aller jusqu'à ma chambre, et sors du sac une de mes couches.

- Tu ne connais vraiment pas le numéro de téléphone de tes parents ? le questionne maman alors que je reviens.

Maman lui a maintenant entièrement enlevé son pantalon.

- Ah tu es là Jenny, me dit maman. Donne-moi la couche s’il-te-plaît.

Je tends à maman la couche et elle la pose au sol avant de faire glisser celle d’Arnaud sur ses chevilles. Elle lui enlève complètement et lui enfile maintenant la couche propre.

- Te voilĂ  au propre, tu dois ĂŞtre mieux non ?

- Oui… Merci…

- Et pour le téléphone de ta maman, tu ne m'as pas répondu, tu ne le connais vraiment pas ?

- Si… avoue Arnaud timidement, mais…

- Mais quoi ? Dis-moi.

- On n’est pas obligé de l'appeler, je vais bien.

- Explique-moi, on dirait que tu as peur de quelque chose. Tu vas te faire disputer à cause de ton vélo ? Tu sais c'est plutôt moi qui vais me faire disputer ! Dis-moi, c'est un secret ?

Je ne sais pas pourquoi maman lui pose cette question.

- Oui…

- Dis-le-moi Ă  l'oreille alors. Tu sais, tu peux me faire confiance, lui dit maman.

Arnaud s'avance alors d'un pas et dit quelques phrases à l'oreille de maman. Noa, tout comme moi, n'entend pas et se tourne vers moi. Je vois alors maman regarder Arnaud une fois que celui-ci s'est reculé d'un pas. Visiblement, elle ne sait pas quoi lui répondre et il se passe bien 30 secondes avant qu'elle ne prononce une phrase :

- D'accord… Je comprends que tu ne veuilles pas l'appeler. Si j'avais su, je ne t'aurais pas mis une couche propre.

Tout en disant cela, maman lui enfile son pantalon et lui remonte jusqu'Ă  la taille.

- Je vais t'accompagner chez toi et expliquer cet accident de vélo à tes parents. Et rassure-toi, je ne trahirai pas ton secret.

- Merci, lui répond Arnaud, l'air soulagé.

Je ne comprends pas ce qu'a pu lui dire Arnaud pour que maman réagisse ainsi.

- Avant de partir Arnaud, dit maman, je voudrais parler quelques secondes Ă  ma fille.

Maman s'avance alors en direction de ma chambre et me fait signe de la suivre. Une fois rentrée derrière moi, elle ferme la porte.

- Je sais que je peux te faire confiance Jenny et je voudrais que tu me fasses confiance aussi. Ce que m'a dit Arnaud est surprenant et je vais te le dire. Tu me promets de garder son secret ?

- Oui maman, je te promets que je ne le dirai Ă  personne.

Maman m'explique alors le secret d’Arnaud : il ne porte pas des couches par obligation mais parce qu'il aime ça.

- Quoi ? Dis-je très étonnée. Il aime ça ?

- Chut… moins fort, me dit maman.

- Et pourquoi tu me dis ça d'ailleurs ?

- Parce que j'aimerais que tu acceptes de lui dire que toi aussi tu en mets.

- Mais pourquoi je ferais ça ? Ça servirait à quoi ? Je n'ai pas envie qu'il aille le dire à tout le monde en plus !

- Je pense qu'il se sentirait mieux et puis tu sais, il ne dira rien Ă  personne, tu peux en ĂŞtre certaine.

C'est sûr que porter des couches par plaisir est bien plus honteux que d'en porter par obligation. Je ne l'imagine pas aller prendre le risque de dire que j'en porte la nuit, je risquerais de me venger.

- D'accord, il n'ira pas le dire, mais je ne comprends pas ce que cela changerait pour lui de savoir pour moi.

- Fais-moi confiance. Je sens que ce garçon a besoin d'aide. De ce qu'il m'a rapidement dit à l'oreille, sa vie est compliquée et cela lui ferait du bien.

Je réfléchis quelques secondes avant de donner ma réponse :

- D'accord, dis-je.

Maman me sourit et nous retournons auprès d’Arnaud qui est en train de discuter avec Noa.

- Noa, lui dit maman, va commencer tes devoirs, Jenny et moi allons raccompagner Arnaud chez lui.

Avant de partir, Arnaud parle une nouvelle fois Ă  maman Ă  l'oreille et cette fois-ci, je comprends ce qu'il lui demande : il veut enlever sa couche avant de rentrer chez lui. Maman l'aide et nous sortons ensuite de l'appartement.

Sur le trajet de retour que nous effectuons tous les trois à pied en poussant le vélo, maman explique donc à Arnaud que moi aussi je porte des couches, mais par obligation et uniquement la nuit. Je suis gênée mais je peux voir sur le visage d’Arnaud qu'il est heureux.

Nous rencontrons la maman d’Arnaud et celle-ci n'est pas en colère de l'accident. Elle remercie maman d’avoir ramené Arnaud et nous partons.

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