👩‍⚕️ Un stage immersif

Partie 5 : Mise en place de la sonde

⚠️ Ceci est une œuvre de fiction

⚠️ Reproductions et distributions interdites

 

À peine le moteur de la voiture s’est-il arrêté que j’attrape les clés de l’appartement que tient maman dans ses mains et je fonce ouvrir la porte.

- Attends, me dit maman en me rattrapant, ne va pas tout de suite aux toilettes.

- Pourquoi ? dis-je en même temps que je tourne la clé de la porte d’entrée.

- Rentrons et fermons la porte.

La porte est ouverte, nous entrons et la porte est refermée.

- Je voudrais que tu essayes de faire pipi dans ta couche, me dit maman.

- Mais pourquoi ça ? Nous sommes à la maison, et tu m’as dit qu’ici je pouvais aller aux toilettes.

- C’est vrai, mais je voudrais m’assurer que tu sois capable de le faire. Tu sais, le cerveau est un organe complexe et il a appris que tu ne devais faire pipi qu’aux toilettes.

- Et alors ? demandé-je pressé d’aller aux toilettes.

- J’ai bien peur qu’il t’interdise de faire pipi dans ta couche… Tu veux bien essayer s’il-te-plaît ?

- Maintenant ? dis-je en pressant mon entrejambe avec mes deux mains.

- S’il-te-plaît Loïc…

- Ok… dis-je en voyant que maman ne lâche pas l’affaire.

J’essaye alors d’ouvrir les vannes comme on dit, de dire à ma vessie de se laisser aller, de faire pipi, mais rien n’y fait, cela ne sort pas. Maman me conseille de fléchir doucement les jambes, de m’imaginer aux toilettes. Elle et moi allons ensuite à la cuisine où elle ouvre le robinet d’eau car, parait-il, cela peut provoquer une évacuation de l’urine. Moi, pendant tout ce temps-là, j’ai vraiment de plus en plus mal. C’est incroyable d’avoir envie de faire pipi et de ne pas y aller, maman avait donc raison en disant que le cerveau est complexe. C’est donc un peu stressée que maman m’envoie aux toilettes où je peux enfin me soulager après avoir baissé pantalon, slip et couche. Cela n’en finit plus de couler, et même après avoir terminé, cela continue de me faire un peu mal au ventre.

- Je dois remettre la couche ? Crié-je à maman depuis les toilettes.

- Tu peux l’enlever pour le moment, me crie maman depuis la cuisine.

C’est donc habillé normalement, ma couche à la main, que je retourne voir maman qui pianote sur son téléphone.

- Je suis en train de te prendre rendez-vous chez le médecin, me dit-elle en me voyant. J’ai une place dans quelques jours.

- Mais on va lui dire quoi ? demandé-je.

- Justement, j’ai aussi cherché les causes d’incontinence chez l’enfant et on a deux possibilités : dire que c’est depuis peu que tu as des problèmes ou dire que c’est de naissance.

- Mais il ne risque pas de me faire passer des examens ?

- C’est pour ça que je pense que l’on va partir sur la deuxième solution. Ainsi, s’il croit que c’est de naissance et que nous lui disons que nous avons juste gardé ton dossier médical, il ne cherchera peut-être pas à en savoir plus et nous fera ce certificat médical.

- Je devrais porter une couche pour aller le voir ? demandé-je.

- Bien sûr oui, il ne comprendrait pas sinon. Il faut d’ailleurs absolument que tu parviennes à faire pipi dedans Loïc. L’idéal serait même qu’entre le début de la consultation et la fin, tu ais réussi à faire pipi dedans.

- Mais tu crois qu’il va vraiment croire à tout ça ?

- Justement, il le faut. S’il n’y croit pas, il voudra faire des examens complémentaires et il y a un risque qu’il comprenne que tu fais semblant.

Maman et moi discutons de ces quelques jours que nous avons devant nous, et nous convenons qu’il va falloir que je porte une couche et que j’essaye dès que possible de faire pipi dedans.

C’est donc ce que je fais un peu plus tard dans l’après-midi, mais je n’y arrive pas. Je finis par aller aux toilettes. Les fois suivantes, c’est la même chose. Malgré les conseils de maman, rien n’y fait pendant deux jours d’essai.

- Je suis désolé maman, lui dis-je en venant la prendre dans mes bras alors qu’elle est assise sur le canapé.

- Ce n’est pas ta faute, me réconforte maman en me serrant elle aussi dans ses bras.

- Comment on va faire pour le rendez-vous de demain avec le médecin ?

- J’ai peut-être une solution mais…

- Mais quoi ? C’est quoi cette solution ?

- Avec mon métier d’infirmière, commence à me raconter maman, j’ai appris à poser une sonde qui permet d’évacuer l’urine de la vessie. Cette sonde, c’est comme un tuyau qui va donc de la vessie jusqu’à l’extérieur du corps. On installe ça aux personnes qui ne peuvent pas aller aux toilettes et l’urine s’écoule jusque dans un poche que l’on accroche à sa jambe.

- Et tu voudrais que je porte ça demain ? Ça fait mal ?

- Je pense que ça serait une idée oui. Et non, ça ne fait absolument pas mal. Si tu es d’accord, je vais en acheter une maintenant.

- Si ça peut aider à notre dossier, je veux bien le faire.

- Merci mon chéri. Je reviens d’ici pas longtemps alors, il y a un magasin de matériel médical à 10 minutes d’ici.

Pendant l’absence de maman, je réfléchis à cette conversation et à ce que je viens d’accepter de faire. J’espère que je ne vais pas le regretter.

Lorsque maman revient, elle a un sac plastique qui semble rempli de nombreuses choses.

- Tu as trouvé ? lui demandé-je.

- Oui, j’ai acheté tout ce qu' il faut. Je te montre ?

- D’accord !

Maman déballe alors sur la table du séjour tout un tas de boîtes. Je peux lire sur l’une d’elle “Coloplast Folysil sonde urinaire pédiatrique droite x 5”, sur une autre “Betadine Scrub 4 % moussante” et encore une autre “Coloplast Conveen poche à urine ambulatoire x30 - 750m”. Je peux aussi voir d’autres petites boîtes.

- Ça fait beaucoup de choses, dis-je un peu inquiet à maman.

- Ne t’inquiète pas, me dit maman souriante, c’est quelque chose que je maîtrise très bien, je l’ai très souvent fait.

- Mais maman, est-ce qu’avec ça il faudra que je mette une couche en plus ?

- Non, pas avec ce système. Regarde, l’urine va couler dans ce tuyau et jusqu’à ce sac.

Maman me montre alors le fonctionnement de ce système et je regarde attentivement.

- Tu es prĂŞt ? me demande-t-elle alors.

- Prêt à quoi ? réponds-je.

- À ce que je te l’installe.

- Mais le rendez-vous n’est que demain, m’exclamé-je. Pourquoi le faire maintenant ?

- Parce que je préfère que tu t’habitues un peu avant demain.

- Mais ça veut dire que je vais dormir avec ?

- Oui, mais encore une fois, tu verras, ça ne fait absolument pas mal.

- Vas-y alors.

C’est tout de même un peu stressé que je suis à la lettre les consignes de maman. Je vois bien qu’elle sait ce qu’elle fait et qu’elle n’a aucun doute sur la manière de faire. Elle me fait me déshabiller, et m’allonger sur son lit. Je le vois partir à la salle de bain et se laver soigneusement les mains avant de déballer les différentes choses qu’elle a achetées. La suite, je ne la vois pas car je préfère fermer les yeux. Maman me demande de me décontracter et je sens qu’elle nettoie mon entrejambe et ma zone génitale. Elle me demande ensuite de respirer un grand coup et je sens quelque chose entrer dans mon zizi. J’ai un léger sursaut mais maman me rassure. Moins de trente secondes plus tard, maman me dit que c’est terminé. Elle avait raison, cela ne m’a absolument pas fait mal.

- Tu peux ouvrir les yeux, me dit-elle, c’est terminé. Tu peux aussi te relever.

- Je n’ai presque rien senti, réponds-je en ouvrant les yeux et en me relevant.

Je vois alors ce que vient de faire maman pendant ces quelques secondes : un tuyau qui sort donc de mon zizi et qui va dans un poche en plastique posé à côté de moi.

- C’est bizarre comme sensation, dis-je en observant cette installation.

- Je n’en ai jamais eu moi même, mais j’en ai installée de nombreuses. C’est généralement la même chose que me disaient mes patients. Mets-toi debout, tu vas voir, ça va être encore plus bizarre.

Je fais donc ce que maman me dit et je sens alors de l’urine quitter ma vessie et passer à travers le tuyau transparent avant d'atterrir dans la poche.

- Ça coule tout seul, dis-je. Je ne peux rien contrôler.

- C’est normal, me répond maman. Tu as désormais une sonde urinaire à demeure et dès que ta vessie se remplira, elle se videra automatiquement dans cette poche en passant par ce tuyau. Tu vois, cela ne coule plus, cela veut dire que ta vessie s’est vidée. Je vais maintenant attacher cette poche au niveau de ta cuisse.

Je regarde alors maman faire ce qu’elle vient de dire avant qu’elle me dise qu’elle revient. Moi, je me regarde sans oser toucher quoi que ce soit. C’est tellement étrange de me voir ainsi et encore plus de ressentir cette impuissance à me retenir de faire pipi. Je vois d’ailleurs une nouvelle fois un peu d’urine passer à travers le tuyau et arriver dans la poche qui se remplie un petit peu plus.

- Voilà, je t’ai apporté ton pyjama, tu seras mieux ainsi.

- Merci maman, je préfère être en pyjama oui.

- Merci à toi Loïc. Avoir ce dossier d’accepté est pour moi, pour nous même, le commencement d’une nouvelle vie. Et tout ceci ne serait pas possible sans ton aide. Je sais bien que ce que nous faisons n’est pas très normal, mais financièrement, je ne pouvais pas me permettre d’attendre plusieurs mois que notre dossier passe avant d’autres.

- Je sais maman. Et tu sais, c’est ce que tu disais l’autre jour, je prends ça comme un stage. Je suis heureux de savoir ce que Matthias, et surtout Thomas ressentent.

- Tu es quelqu’un de bien, me dit maman en me serrant dans ses bras.

Après nous être serrés dans nos bras quelques secondes, et après avoir séchés nos larmes, maman m’aide à enfiler mon pyjama.

Pendant cette fin d’après-midi, je sens régulièrement ma vessie se vider. De temps en temps, je baisse mon pyjama et constate que la poche s’est remplie d’urine jusqu’à atteindre un peu plus de la moitié.

- Comment on fait quand elle est pleine ? demandé-je à maman.

- Je te montrerai tout à l’heure quand tu iras te coucher.

C’est après le dîner et un début de film un peu nul qui passait à la télévision que maman me dit qu’il est l’heure d’aller se coucher car nous devons nous lever pour le rendez-vous chez le médecin. C’est sans rechigner que je suis maman jusqu’aux toilettes. Elle me montre alors un petit tuyau coincé sous la poche et qu’elle déplie. Elle me montre qu’il y a un petit robinet à tourner pour vider le sac dans les toilettes. C’est ce qu’elle fait, et je vois donc la poche d’urine se vider rapidement dans les toilettes.

- Une fois que c’est vide, me dit-elle, il ne faut pas oublier de refermer le robinet sinon…

- Sinon, continué-je, ça sera l’inondation dans mon pyjama et dans mon lit.

- C’est exactement ça, me répond maman souriante. Allez, file au lit maintenant.

- La poche elle est plus grande ou plus petite que ma vessie ?

- Tu t’inquiètes de savoir si cela va tenir toute la nuit ? Rassure-toi, la vessie d’un enfant de ton âge est d’environ 350 ml, et cette poche peut en contenir 750. D’ailleurs, nous t’avons installé ta sonde en début d’après-midi, et il est maintenant 21h30. Elle était pleine, c’est donc comme si tu avais rempli deux fois ta vessie.

- Ça a un côté très pratique, dis-je. Je n’aurais pas besoin de me lever demain matin pour aller aux toilettes.

- Haha, c’est vrai, ça peut être pratique. Allez, endors-toi vite maintenant.

- Bisous maman.

- Bisous mon chéri. Dors bien.

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