🏹 Les vacances de Simon
Partie 5 : Inscription au service jeunesse
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Le trajet jusqu’au lieu de rendez-vous se passe dans le silence. Je suis toujours très contrarié par ce qu’il m’arrive. J’en veux à papa, au fait qu’il ne me permet pas de rester seul à la maison et à son idée saugrenue de vouloir m’envoyer dans un centre aéré.
Lorsqu’il gare la voiture, il est 13h55, on a juste 5 minutes pour trouver l’endroit où aura lieu le rendez-vous. Papa prend alors un dossier qu’il avait posé sur le siège avant. Il y a certainement l’ensemble des documents qui lui ont été demandés de ramener. Je repense d’ailleurs à ce certificat médical qui doit justifier de mon incontinence. Je me demande si papa à réussi à en obtenir un, et comment.
Nous descendons tous les deux et nous nous dirigeons vers un bâtiment en pierre. D’après le GPS, c’est juste à côté de l’endroit où nous sommes, donc certainement là .
Une fois proche de la porte, nous pouvons lire dessus “Service Jeunesse”.
- C’est bien ici, dit papa rassuré, et nous sommes à l’heure, parfait.
- J’ai envie de faire pipi, dis-je juste avant de rentrer.
- Ah non Simon, ce n’est pas le moment. Je te rappelle quand même que tu es censé être incontinent et ne pas pouvoir te retenir de faire pipi, donc tu ne peux pas utiliser leurs toilettes.
- Mais je fais comment alors ?
- Tu te retiens ou… tu fais dans ta couche.
- Tu veux que je me pisse dessus ? Devant toi ?
- Elle sert à ça, et de toute façon, il faudra bien que tu le fasses quand tu seras au centre.Tu fais donc ce que tu veux aujourd’hui, je m’en fiche, mais tu ne nous fais pas passer pour des imposteurs, donc tu ne vas pas aux toilettes.
Je sens que papa est très contrarié et je n’ai pas envie de le pousser à bout. Il est hors de question que je fasse pipi dans ma couche donc je vais me retenir.
Papa se présente au comptoir d’accueil et on nous demande de patienter quelques minutes car la personne qui nous reçoit n’est pas encore arrivée.
Mon envie de faire pipi est présente, mais pour l’instant je peux me retenir. Il se passe cependant peut-être 15 minutes et papa commence à s’impatienter et la dame de l’accueil doit le voir.
- Ma collègue, celle avec qui vous avez rendez-vous, vient de m’envoyer message pour me dire qu’elle a un problème de voiture. Elle est en chemin et devrait être là dans moins de 10 minutes.
Papa la remercie et me regarde.
- Ça va ? me demande-t-il.
- Oui ça va, dis-je.
J’ai bien compris que sa demande concernait mon envie de faire pipi. Mon envie a augmenté depuis tout à l’heure mais ça va encore. Ce n’est pas facile de se dire que l’on ne peut pas aller faire pipi juste parce que je dois faire comme si j’étais incontinent, d’autant plus que la porte est juste devant moi. Le pictogramme sur la porte me rappelle à chaque fois que je le regarde que j’ai de plus en plus envie.
- Essaye un peu pour voir, me dit-il à l’oreille, juste un peu. Ça te soulagera si tu y arrives.
Je secoue ma tête négativement, je ne veux pas utiliser ma couche. Je sais bien qu’il faudra que je le fasse mais pas ici, pas devant une inconnue et pas devant lui.
Peu de temps après, une dame arrive.
- Je suis sincèrement désolée, nous dit-elle, ma voiture n’a pas démarré et j’ai du me faire emmener.
- Ce n’est pas grave, cela peut arriver à tout le monde, et nous n’avons pas de rendez-vous après.
Si, si, moi j’ai rendez-vous avec les toilettes !
- Comment t’appelles-tu jeune homme ? me demande-t-elle en me regardant.
- Je m’appelle Simon.
- Enchanté Simon. Vous me suivez tous les deux ? Je vous emmène dans mon bureau pour faire cette inscription.
Je me rends compte en me levant que mon envie de faire pipi s’accentue. En temps normal, je serais déjà allé aux toilettes, et le fait de passer devant pour suivre la dame me donne encore plus envie.
Après quelques mètres à suivre cette dame, nous entrons dans un bureau où elle ferme la porte après notre passage. Cette pièce n’est pas très grande et n’a qu’une seule fenêtre qui donne sur un mur. Je n’aimerai pas y travailler.
- Nous somme là pour ton inscription Simon du coup. Tu m’as déjà dit que tu avais 11 ans, donc pas de soucis de ce côté là .
Tout en parlant, la dame pianote sur son ordinateur.
- Il me faut donc les différents documents que je vous ai demandé s’il-vous-plaît monsieur.
Papa les lui présente tous sur le bureau et au fur et à mesure des demandes de la dame, papa les lui donne.
- Très bien, dit-elle. Il me faut maintenant un certificat médical, vous l’avez ici ?
- Oui, le voici, dit papa.
- Comme je vous le disais au téléphone quand vous m’avez appelé, c’est une des places que nous réservons aux enfants porteur de handicap. Vous m’avez dit que Simon était incontinent, c’est bien ça ?
- Oui, c’est bien ça. Voici le document.
- Alors je vous confirme que cette place est bien disponible pour votre fils. Il est assez rare que nous ayons un enfant qui revendique cette place, elle est la plupart du temps “inoccupée”. Sur votre document, je peux effectivement constater que le médecin a bien inscrit cela, merci.
La dame continue alors de taper des caractères sur le clavier de son ordinateur. J’imagine qu’elle note mon faux handicap et que cette information sera transmise au centre aéré.
- J’ai besoin d’un peu plus d’informations sur Simon. Mes questions vont vous paraître un peu personnelles mais il est important que le personnel du centre soit au courant.
- On vous écoute.
- J’ai pu voir que Simon portait une couche mais est-ce uniquement pour une incontinence urinaire ou aussi fécale ?
Comment a-t-elle fait pour voir ça ? Je baisse alors mes yeux et je vois que mon sweat ne masque effectivement pas bien mon bas de ventre et qu’une bande blanche dépasse de mon jogging. Je me dépêche alors de cacher cela.
- C’est uniquement urinaire, répond papa.
Je comprends que papa lui a répondu que je ne faisais pas la grosse commission dans ma couche et heureusement. J’ai déjà du mal à imaginer que je doive faire pipi dedans alors le reste…
- Très bien, je note ça, c’est important. Puis-je vous demander si c’est de naissance ? Vous n’êtes pas obligés de me répondre, c’est juste de la curiosité.
- C’est depuis le décès de sa maman, il y a quelques mois. Le médecin pense que cela a provoqué un choc émotionnel.
- Pardon, excusez-moi, je n’aurai pas dû vous remémorer cela. Je n’imagine pas comme le coup a dû être rude pour vous deux. Passons à la suite. Je pense que d’un point de vue médical, j’ai les informations qu’il me fallait.
- J’ai une question d’ailleurs à propos des couches, dit papa. Dois-je les fournir ? Dois-je en amener un gros stock ou alors chaque jour ?
- Vous ne vous occupez ni des couches, ni des produits nettoyants, ni de la nourriture, tout est fourni par le centre aéré. Il est tout de même préférable d’en mettre une à Simon le matin pour arriver. Mais quand il aura besoin d’être changé, un animateur ou animatrice aura tout ce qu’il faut. Il y a même des vêtements de rechange s’il devait y avoir des fuites.
- Parfait, dit papa.
La dame ne dit pas “s’il a besoin d’être changé”, mais “quand il aura besoin d’être changé”. C’est dûr à entendre et je me rappelle ce qu’à dit papa, qu’il faudra que je fasse exprès de faire pipi et donc de mouiller ma couche.
En parlant de tout ça, cela me donne une idée.
- Puisqu’on parle de ça, dis-je en mettant mes mains sur mon estomac, est-ce qu’il serait possible que j’aille aux toilettes ? J’ai vraiment besoin d’y aller pour…
- Bien sûr Simon, vas-y. Les toilettes sont justes à l’entrée, là où vous m'attendiez. Nous avons bientôt terminé avec ton papa. Je dois lui faire signer le contrat ainsi que la charte de bonne conduite.
Je n’attends pas pour sortir, et c’est en croisant le regard de papa que j’ouvre la porte et sort. Je suis trop content d’avoir trouvé ce subterfuge ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ! Je fonce alors vers les toilettes, referme la porte derrière moi et descend mon jogging, mon boxer jusqu’à mes genoux. Tout comme je le ferai avec un sous-vêtement classique, je baisse juste l’avant de ma couche et commence à faire pipi.
Cela dure plusieurs secondes et cela va beaucoup mieux une fois que j’ai terminé. Je remonte alors ma couche, boxer et jogging. Je décide de rester un peu ici, pour ne pas que cela soit trop louche que je revienne aussi vite.
Je laisse bien trois minutes s’écouler, tire la chasse d’eau et ressors des toilettes. Papa et la dame sont là , dans l’entrée, à discuter.
- On t’attendait Simon, dit la dame. On a terminé ton dossier et je disais à ton papa qu’il ne faut pas t’inquiéter, tout se passera bien. Les animateurs ont l’habitude des enfants qui portent des couches. Je n’ai par contre pas le droit de te dire de prénom.
- Merci de m’avoir dit ça, dis-je honnêtement
C’est vrai que c’est rassurant de savoir cela. Ne pas être seul me permettra d’avoir un soutien et quelqu’un qui peut me comprendre. Quoi que si c’est un enfant de 4 ans, je ne me vois pas aller discuter avec lui de couches.
Papa et moi disons au revoir et sortons du bâtiment pour regagner la voiture.
- Tu t’en es bien sorti, dit papa. Par contre, tu ne pourras pas feindre de devoir aller faire caca plusieurs fois dans la journée, on est bien d’accord ? Si ta couche est sèche, ils vont se poser des questions.
- Oui je sais papa.
- Il faudra que tu essayes de faire pipi dans ta couche quand nous serons Ă la maison.
Super… Quelle bonne idée…
- Où as-tu eu le certificat médical au fait ?
- J’ai demandé à ta tante Frédérique qui est médecin…
- La sœur de maman ? demandé-je étonné.
- Oui. Je lui ai un peu menti, en prétextant que c’était pour avoir un tarif préférentiel car je n’avais pas trop d’argent en ce moment et elle a accepté.
Papa est plutôt rusé, mais aussi rudement menteur. Entre ses mensonges à ma tante, et ceux fait pour mon inscription, je le découvre sous un autre angle et c’est quelque chose que je garderai en mémoire le jour où il me repprochera de mentir moi aussi.
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