🎢 Mathilda à Europa-Park

Partie 5 : Trajet pour Europa-Park

⚠️ Ceci est une œuvre de fiction

⚠️ Reproductions et distributions interdites

 

Mon envie de faire pipi s'accentue au fur et à mesure que nous roulons. Je regarde du coin de l'œil ma cousine et elle ne semble pas avoir envie elle.

J'ai l'impression que cela ne fait pas très longtemps que nous sommes partis, aussi je n'ose pas demander à ma tante de s'arrêter sur une aire d'autoroute.

- Tu as envie de faire pipi toi, me dit doucement Faustine.

- Oui un peu, mais je vais me retenir.

- Mathilda, demande à maman de bien vouloir s'arrêter, elle le fera.

- Mais on est déjà parti en retard sur l'heure prévue et un arrêt nous fera perdre encore plus de temps. Ne lui dis rien s'il-te-plaît.

Je dis ça parce que je n'ai pas envie que par ma faute tout le monde perde du temps sur le trajet mais je n'en mène pas large. Ma vessie se rappelle à moi à chaque instant. Je me connais, je sais que je ne devrais pas faire ça.

L'ambiance dans la voiture est toujours aussi bonne. Maman et tata se racontent des souvenirs d'enfance et cela nous fait bien rire.

Chaque rire est cependant pour moi une difficulté tellement il faut que je me concentre pour éviter d'avoir un accident de pipi. En plus c'est la voiture de tata, je doute qu'elle soit très contente si je faisais pipi sur son siège.

Je me dis qu'il faut que je demande à s'arrêter, si j'attends encore ça sera la catastrophe, c'est sûr.

- Maman, on pourrait s'arrêter s'il-te-plaît ? J'ai envie de faire pipi.

Cette phrase, ça n'est pas moi qui l'ai prononcée mais Faustine.

- Déjà ? Lui répond sa maman. Mais oui, pas de soucis, je m'arrête dès que je peux.

Je regarde ma cousine et elle me sourit. Nul doute qu'elle a compris que je n'en pouvais plus de me retenir et qu'elle a donc fait cette demande pour moi.

Je me rends compte encore une fois qu'elle est beaucoup plus mature que moi. C'est elle qui porte des couches mais c'est moi le bébé...

- Merci Faustine, lui dis-je du bout des lèvres.

- Je viens de voir un panneau qui annonce encore 15 km, dit tata. Tu vas pouvoir te retenir ?

- Oui maman, ça va aller, lui répond Faustine.

Maman, elle, se retourne et nos regards se croisent. Je me demande si elle a compris ce qu'il se passe. Moi en tout cas j'ai mes jambes pliées, j'ai l'impression que cela empêche mon pipi de sortir. J'espère qu'en les dépliant pour sortir de la voiture cela ira, et que je ne vais pas tout lâcher à ce moment-là.

Ces deux jours en famille à Europa-Park commenceraient bien mal si je devais avoir un accident moins d'une heure après le départ. Je suis bien allé faire pipi avant de monter dans la voiture donc je me demande si c'est le stress qui me fait avoir cette envie aussi pressante.

Ces 15 km passent assez vite, et heureusement. La voiture décélère et ma tante se gare enfin. On est pas tout près des toilettes de la station service mais au moins ce sont de vraies toilettes, comme dirait maman.

- Allez, on en profite pour y aller tous les quatre annonce maman.

Je ne pense qu'à la manière dont maman et tata me regardent sortir de la voiture, elles ont compris que l'urgence pipi est la mienne et pas celle de Faustine.

Marcher en direction des toilettes est une épreuve. Je fais des tout petits pas et j'espère parvenir à me retenir. J'espère aussi qu'il n'y aura pas la queue pour aller faire pipi.

J'aurais dû demander à maman une serviette ce matin mais je n'y ai pas pensé, cela aurait pu me permettre de relâcher un peu la pression. De toute façon c'est trop tard.

Nous rentrons dans le bâtiment de la station service où se trouvent les toilettes. D'un coup d'œil rapide je repère l'endroit. Je vois immédiatement le pictogramme qui indique où sont les toilettes des femmes.

Petit coup de stress, il y a du monde qui attend pour y entrer. Des adultes, mais aussi des enfants, attendent de manière plus ou moins ordonnée.

Les toilettes pour hommes sont accessibles, elles, il n'y a personne qui attend devant. J'aimerais bien pouvoir y aller mais je connais cependant la réponse de maman : "Il en est hors de question, c'est sale et puis il y a peut-être des hommes bizarres".

Pourtant, il faudrait vraiment que je puisse aller dans des toilettes, et vite, très vite même. Je ne vais plus pouvoir tenir très longtemps. Mes deux mains sont sur mon entrejambe et la douleur devient intense.

- Je ne tiens plus maman, dis-je d'une voix désespérée.

Il est vrai que de voir que l'attente se prolonge pour les toilettes des femmes ne m'aide pas beaucoup.

- Oh regardez, dit Faustine tout en pointant du doigt une porte, il y a la pièce pour changer les bébés qui vient de se libérer.

Et effectivement, en sortent une petite fille d'environ 8 ans et sa maman. Je crois que nous sommes beaucoup de personnes à les regarder sortir mais maman m'attrape par le bras et m'entraîne à l'intérieur.

J'ai juste le temps de voir que cette petite fille qui sort porte une couche qui dépasse de son legging. Même si nous n'avons pas le même âge, je ne peux m'empêcher de penser que cela pourrait être moi.

- J'imaginais bien qu'il y aurait des toilettes pour les petits dans cette pièce et il y en a, tant mieux, me dit maman tout en fermant à clé la porte de cette pièce.

Et moi je ne m'imaginais pas me retrouver ici ce matin en me levant ! Mon regard se pose sur tous les éléments qui composent cette pièce.

- Hé bien que fais-tu ? me demande maman. Dépêche toi de baisser ton legging et de faire pipi.

C'est vrai que j'ai toujours envie, très très envie même. Et du coup je regarde ce petit WC, il devait déjà être trop petit pour la petite fille qui vient de sortir, et l'est du coup encore plus pour moi !

- Mais je ne peux pas faire pipi ici maman, le siège est trop petit.

- Écoute, il est certes un peu petit, mais il fera très bien l'affaire !

Maman n'attend pas ma réponse et encore moins que je réagisse. Elle s'avance vers moi, m'attrape sous les bras, et me porte jusque devant les toilettes. Elle me baisse ensuite d'un coup, et mon legging et ma culotte, et me fait m'asseoir sur le siège.

Ce n'est pas très confortable, je sens bien que mes fesses débordent quelque peu de chaque côté, mais instinctivement ma vessie se met à ouvrir les vannes et mon pipi commence à sortir. Qu'est-ce que cela fait du bien.

Pendant ce temps-là, maman s'est relevée et inspecte à son tour la pièce. Tout en continuant de faire pipi, je fais de même et je vois une sorte de distributeur. Maman le regarde également. Il y a dessus des dessins de... couches.

Mais oui, c'est bien ça, c'est un distributeur de couches et maman le regarde avec attention tandis que moi je suis en train de faire pipi sur des toilettes pour enfants de 2 ans. De ce que je peux voir d'où je suis, il y a différents types de couches, certaines qui s'enfilent et d'autres à scratch, et dans chacun des types il y a différentes tailles.

J'ai peur de ce que je suis en train d'imaginer... Non, ce n'est pas possible que maman puisse penser à me faire porter une couche. La situation est déjà assez humiliante comme ça.

Mon pipi se termine enfin et je m’essuie avec du papier avant de me relever. Alors que je vais pour remonter ma culotte et mon legging, je vois maman qui me regarde. Ou tout du moins ce n'est pas moi qu'elle regarde mais ma culotte.

Je fais de même et je constate que celle-ci est un petit peu mouillée.

- On fait comment ? Me demande maman en me regardant droit dans les yeux. Tu n'avais pas senti que tu avais eu un accident ?

- Non, je pense que j'avais trop envie et qu'il y a un petit peu de pipi qui est sorti.

- Il va falloir que l'on trouve une solution Mathilda...

- Pas de couche maman, dis-je moi aussi en la regardant droit dans les yeux tout en remontant ma culotte.

J'ai vraiment très peur de ce qu'elle pourrait m'obliger à faire et je sens que je pourrais assez rapidement me mettre à pleurer.

Je sens ma culotte mouillée et ce n'est pas agréable. Je remonte maintenant mon legging et je peux constater que lui aussi est légèrement humide. Quelle honte pour moi si l'on me voit comme ça, que cela soit des inconnus et même tata et Faustine.

Maman semble réfléchir.

- Tu serais mieux tu sais, ajoute-t-elle.

- S'il-te-plaît maman, ne m'oblige pas, je ne suis pas un bébé, c'était juste un accident. Il n'y aurait pas eu autant de monde qui attendait pour aller aux toilettes, ça ne serait pas arrivé.

- Mais regarde ta cousine, elle en porte une et ce n'est pas un bébé, c'est juste par précaution.

Maman dit quelque-chose de juste, je le sais. Si j'avais accepté ce matin la proposition de Faustine de mettre une DryNites, je n'aurais pas mouillé mes affaires.

Il n'y a rien à dire et je baisse la tête pour lâcher le regard de maman. Elle se dirige plus près du distributeur et se met à le regarder plus attentivement.

Je suis mal à l'aise et j'avance vers elle. J'ai besoin qu'elle me réconforte. Une fois ces quelques pas faits, je me retrouve juste à côté d'elle mais elle ne s'occupe pas de moi.

Tout en relevant la tête pour voir la sienne, je peux maintenant voir de plus près les images sur ce distributeur de couches.

- J'ai bien l'impression que certaines de ces couches seraient à ta taille, et notamment ces Ninjamas.

Tout en disant cela, maman montre du doigt les couches dont elle parle et j'en vois quatre sortes différentes. Maman est en train de lire, tandis que je regarde les dessins. Je peux voir qu'il y a deux modèles filles et deux modèles garçons. Parmi les modèles filles, je cherche la différence entre les deux mais c'est maman qui me l'explique :

- Ah, il y a deux tailles différentes, une 4/7 ans et une version 8/12 ans.

- Maman, je ne vais quand même pas porter ça ? Regarde, c'est fait pour mettre sous un pyjama !

- Mais c'est le packaging ça, c'est parce que les enfants mettent ces couches quand ils font pipi au lit, mais ça fonctionne de la même manière la journée tu sais.

Mouais... Je ne suis quand même pas convaincu par ce que dit maman. Et quand bien même, je ne veux pas porter de couches la journée.

- Mathilda, me dit maman en s'accroupissant pour être à ma hauteur, je sais que ce n'est pas facile pour toi mais cette solution est certainement la meilleure le temps que nous serons dans ce parc d'attraction.

- Mais maman...

- Laisse-moi finir s'il-te-plaît. Regarde Faustine, elle en porte une. Elle ne se moquera pas de toi, et ta tante non plus. Quant aux gens que l'on croisera, je te garantie qu'ils ne verront rien du tout. Et même si cela devait arriver, ce sont des personnes que tu ne reverras jamais de ta vie.

J'écoute maman et au fond de moi je sais que sa solution est sans doute la meilleure comme elle dit, mais il est difficile de se résigner à l'accepter.

- Es-tu d'accord pour essayer ? On verra dans la journée ce que ça donne, d'accord ?

- D'accord maman, je veux bien essayer.

Bon allez, après tout personne ne devrait le savoir ou presque. Finalement c'est juste mon estime de soi qui en prend un coup.

- Tu prends la bonne décision Mathilda, me répond maman tout en se relevant et en sortant une pièce de monnaie de deux euros de son sac.

Je la vois insérer cette pièce dans le distributeur et appuyer sur le bouton situé en dessous du dessin de la couche correspondante au modèle désiré.

Pendant qu'un bruit mécanique se fait entendre et que la trappe de réception s'éclaire, mon corps, lui, se met comme en transe. Mon esprit se met comme en sécurité face au danger et se déconnecte. Je suis incapable de bouger, incapable de penser, les cinq sens ne captent plus aucune information.

Le temps s'est comme figé et quand je reviens à moi, maman est devant moi. Je suis incapable de dire combien de temps il s'est écoulé.

- Ça va Mathilda ? On aurait dit que tu avais comme une... absence !

Même si je comprends ce que vient de me dire maman, je suis encore incapable de répondre.

- Oh Mathilda, tu as encore eu un accident !

Hein, quoi, de quoi elle parle là. C'est alors que de l'humidité se fait sentir à mon entrejambe. Ce n'est qu'une fois après avoir baissé mon regard que je comprends... Je me suis fait pipi dessus ou plus exactement dans la couche que maman a dû me mettre pendant ce moment d'absence car je ne me souviens de rien.

- Eh bien heureusement que je te l'ai enfilée dis donc, me dit-elle tout en s'accroupissant une nouvelle fois face à moi.

Je sens mon cœur accélérer et les battements de celui-ci semblent tellement forts qu'ils pourraient être entendus depuis l'extérieur de la pièce. Mon visage, lui, passe d'un blanc d'une petite fille qui ne va pas assez au soleil, à un rouge écarlate. J'ai chaud, très très chaud même.

J'ai fait pipi, debout, en pleine journée, devant maman. Je voudrais être une petite souris, courir me cacher dans un petit trou, et ne plus en sortir, plus jamais.

- Calme toi Mathilda, ce n'est pas grave, tout va bien.

Maman me serre alors dans ses bras et petit à petit je me calme. Je sens les bras de maman me serrer dans le haut du dos mais finalement descendre jusqu'en bas fesses jusqu'à se poser sur ma couche. Je sens maintenant ses mains presser légèrement ma couche comme pour vérifier son état, savoir si c'est un petit pipi ou un plus gros, peut-être même pour vérifier si c'est la grosse commission.

- Elle est quand même bien mouillée, je pense qu'il est préférable de la changer maintenant plutôt que d'attendre un autre accident.

Comment est-il possible d'avoir fait un pipi dans cette couche à tel point qu'il faille déjà la changer alors que j'ai fait pipi sur ces mini WC juste quelques secondes auparavant. Et puis maman reparle déjà d'un autre accident. Cela fait déjà deux aujourd'hui, j'espère vraiment qu'il n'y en aura pas d'autres !

- Heureusement que le distributeur m'en a donné deux, dit maman tout en déchirant un premier côté de la couche. Je n'avais qu'une seule pièce dans mon porte-monnaie.

Maman déchire maintenant l'autre côté. Moi je me laisse totalement faire mais à la différence de tout à l'heure, j'ai pleinement conscience de tout ce qui est en train de se passer.

Je suis d'ailleurs assez étonnée de ne pas ressentir de gêne. La situation est pourtant cocasse : une jeune fille de mon âge se fait changer sa couche par sa maman dans une aire d'autoroute. Si des camarades de classe voyaient ça, je serais la risée de tous pendant de longues journées et peut-être même pendant des années.

Maman retire maintenant la couche d'entre mes jambes et la jette dans la poubelle située juste à côté de nous. Je peux voir que cette poubelle à déjà beaucoup servi car de nombreuses couches s'y trouvent déjà. Il y en a avec de nombreuses couleurs et de motifs différents mais sur le dessus se trouve semble-t-il la même que celle que maman vient de m'enlever.

Je repense alors immédiatement à cette petite fille qui sortait de ces toilettes avant que maman et moi ne nous y engouffrions pour que je puisse faire pipi.

J'avais remarqué en entrant qu'elle en portait une car elle dépassait de son legging, elle a sans doute changé pour en mettre une propre.

Je n'ai pas le temps d'y penser que maman présente alors devant moi la deuxième couche. Je passe instinctivement un premier pied dans l'ouverture, puis le deuxième. Maman remonte maintenant la couche jusqu'à mes genoux et continue jusqu'en haut de mes cuisses.

C'est comme si je remontais le temps, que je n'avais plus 9 ans mais 2 et que j'étais en train d'apprendre la propreté de jour. Je me sens redevenir une petite fille mais ce n'est pas désagréable, juste honteux.

Maman remonte maintenant la couche sur mes fesses, jusqu'à les recouvrir entièrement. Je dois reconnaître que c'est confortable, même si en me regardant je me trouve quelque peu ridicule.

Alors que je pensais que maman en avait terminé, voilà qu'elle vérifie que les élastiques sont bien positionnés et pour cela me fait tourner sur moi-même.

- Parfait, dit-elle enfin. Je te remonte ta culotte par dessus, elle est un peu mouillée mais tu ne devais rien sentir avec ta couche.

Tout en parlant, elle joint le geste à la parole mais fait maintenant de même avec mon legging.

Je vois la tâche d'humidité à l'entrejambe mais je ne sens rien grâce à cette couche. En temps normal une couche permet permet d'éloigner l'urine des habits et là c'est l'inverse, c'est bizarre.

Je repense alors à tata et à Faustine. Vont-elles s'apercevoir de mon changement de condition ? Vont-elles voir que je suis passé d'une jeune fille à un bébé qui porte une couche ?

Maman est en train de m'observer maintenant que je suis rhabillée et j'ai le sentiment qu'elle peut voir ce que je porte dessus.

- Si on le sait, on peut avoir un doute sur ce que tu portes sous ton legging, me dit-elle. Mais rassure toi, personne ne le saura, donc n'ai pas d'inquiétude et agis normalement. Fais voir quelques pas.

Et là, dès le premier pas, je comprends que ce n'est pas l'épaisseur que j'ai à craindre mais le bruit. Même s'il n'est pas très fort, n'entends clairement un petit bruit de plastique froissé lorsque j'avance.

- Encore une fois Mathilda, ne t'inquiète pas. Ta couche fait un petit bruit oui, mais il est très léger et personne ne va l'entendre. Il y a toujours des bruits ambiants autour de nous et il faudrait avoir l'oreille collée sur toi pour détecter le bruit de ta couche parmi tous les autres.

Maman a sans doute raison, c'est vrai qu'il est très léger. Ce qui est certain par contre, c'est que cette couche se rappelle à moi à chacun de mes pas. Je sens sa présence dès que j'avance, elle frotte contre mes cuisses et son épaisseur est elle aussi conséquente, bien plus qu'une serviette hygiénique de maman.

- On sort ma puce ? Tata et Faustine doivent vraiment se demander ce que l'on fait.

Maman m'a appelé "ma puce", cela fait des années qu'elle ne m'a pas dit ça. Sans rien répondre je la rejoins près de la porte et maman l'ouvre.

Il y a toujours autant de queue pour rentrer dans les toilettes des femmes, peut-être même plus. D'un premier coup d'œil je ne vois pas Faustine ou Tata. Maman semble elle aussi les chercher.

- Je ne les vois pas, dit-elle. Tu peux rester seule le temps que j'aille moi aussi faire pipi ?

- Oui maman, vas-y.

Pendant que maman se met dans la file, je me mets à observer les gens. Déjà pour essayer de trouver ma cousine mais aussi pour savoir s'ils me regardent.

À première vue, personne ne fait attention à moi et je prends du coup un petit peu d'assurance.

- Je vais voir la boutique pour voir si elles y sont, dis-je à maman alors que nous nous éloignons l'une de l'autre.

- Ne t'éloigne pas trop et ne sors pas dehors, me répond-elle.

Comme tout à l'heure, je sens ma couche entre mes jambes mais j'essaye de ne pas trop y prêter d'attention. Je me rappelle alors que mon legging est mouillé et en me penchant légèrement avant pour vérifier, je constate qu'il l'est toujours. La tâche est visible et je rougis de peur que l'on me voit ainsi.

Je décide alors de ne pas rester au milieu de tout le monde et de me rapprocher des murs. C'est ainsi que je rentre dans la boutique et que je commence à regarder un peu partout.

À défaut de trouver Faustine ou tata, je trouve tout un tas de bêtises qui me font envie : des barres de céréales, des gâteaux secs, des boissons, des magazines, des sandwichs.

Tout à coup, je tombe nez à nez avec la maman et sa petite fille qui sortaient des toilettes. C'est cette fille que je soupçonne d'ailleurs de porter la même couche que moi. Mon regard se porte automatiquement sur son short et je crois déceler qu'effectivement, sous celui-ci, se trouve bien une couche.

Lorsque je relève la tête, je constate qu'elle aussi est en train de m'observer. Son regard, tout comme le mien il y a quelques secondes regardait son entrejambe, est pointé vers le mien, à la différence que mon legging est mouillé.

Quand sa tête remonte enfin, ses yeux rencontrent les miens. Je sais qu'elle a vu que je suis faite pipi dessus mais je ne sais pas si elle a compris que je porte une couche.

- Amélie, lui dit la dame à côté d'elle, c'est ce paquet là !

Amélie, c'est donc son prénom, et cette femme est très certainement sa maman.

C'est étonnant d'ailleurs, nous sommes en Allemagne et elles parlent français. Partout autour de moi les gens parlent allemand et je ne comprends pas grand chose et les deux personnes que j'ai repéré parlent le français.

Dans les mains de sa maman, je peux voir un paquet et il est écrit dessus : Ninjamas 8 - 12 ans". Plus aucun doute sur le fait qu'elle aussi porte une couche.

Amélie détourne son regard pour voir ce que sa maman lui montre. Je peux déceler sa gêne car son visage rougit fortement lorsqu'elle aperçoit le paquet. Je serais comme elle si maman tenait dans ses mains un paquet de couches qui me sont destinées et ça face à d'autres personnes.

C'est alors que la maman d'Amélie me voit et ses yeux se portent immédiatement sur mon entrejambe mouillé.

- Oh mais dis donc toi, tu n'aurais pas eu un petit accident ?

Je suis en panique et c'est exactement le genre de situation que je déteste. L'attention est portée sur moi et je suis, comment dire, dans une position délicate à cause de mon legging mouillé.

- Oh mais tu ne dois certainement rien comprendre à ce que je te dis toi, ajoute-t-elle. Et moi je ne parle pas allemand !

Là je comprends qu'elle pense que je suis Allemande et que je ne parle pas français.

- Oh mais tout va bien, reprend-elle après avoir vu ma détresse. Où sont tes parents ?

C'est sans vraiment penser que je puisse lui apporter une réponse qu'elle cherche dans la boutique.

Elle parcourt donc du regard tout autour d'elle pour tenter de trouver des personnes qui pourraient être en train de me chercher.

Moi je suis bien incapable de répondre, bien trop gênée par ce qui est en train de se passer.

- Regarde, me dit tout à coup Amélie, moi je porte une couche, ça m'évite des accidents.

Et tout en me disant cela, elle me montre le haut de celle-ci. Elle me dit ça certainement par gentillesse mais cela me rappelle ma nouvelle condition de porteuse de couches malgré mes 9 ans. Amélie me parle elle aussi croyant que je ne la comprends pas.

- Je ne vois personne qui semble te chercher, me dit sa maman tout en se baissant. N'aie pas peur, je ne suis pas méchante et tu peux avoir confiance.

Moi je ne sais toujours pas quoi faire, ni quoi dire, bien trop honteuse d'être dans cette situation. J'imagine que maman en a encore pour un bon moment aux toilettes et seule tata et Faustine pourraient me sortir de là.

Si je parle et qu'elle comprend que je parle le français moi aussi, elle va questionner et ne comprendra pas si je ne lui réponds pas, du coup je préfère prendre la décision de ne rien dire, du moins pour le moment.

Je vois cette maman qui s'intéresse de plus en plus à moi et je ne sais pas trop comment lui dire où même plutôt lui faire comprendre que je n'ai pas besoin d'aide.

- Je vais rester avec toi le temps que l'on retrouve tes parents, je préfère. Quant à ton accident, je peux regarder ?

Je n'ai pas le temps de lui répondre qu'elle est déjà en train de mettre une main sur les fesses.

- Oh mais tu portes une couche aussi toi. Elle a une fuite en tout cas. Je peux t'en donner une propre si tu veux, on va acheter un paquet neuf pour Amélie. Reste avec nous, on va en caisse pour payer et on va attendre ta maman ensuite.

Mais non ma couche n'a pas de fuite, et non je n'ai pas besoin d'aide. Si je n'étais pas aussi timide et stressée je pourrais lui raconter ce qu'il s'est réellement passé. J'ai l'impression qu'elle imagine que je puisse être sa fille, seule dans une aire d'autoroute et qu'elle aimerait qu'une maman s'occupe d'elle en attendant qu'elle arrive.

- Mais dis moi, comment tu t'appelles ? Moi c'est Agathe et ma fille c'est Amélie.

Tout en disant cela, elle se montre du doigt, puis Amélie.

- Mathilda, dis-je.

- C'est un très joli prénom, j'adore, me répond-elle. En tout cas, à défaut de se parler, on sait au moins comment on s'appelle.

Nous partons toutes les trois en direction des caisses avec dans les mains de la maman d'Amélie un paquet de couches. Je n'ai pas vraiment eu le choix. Lorsque sa maman a commencé à marcher, elle m'a mis sa main dans le dos pour me faire avancer.

Alors que nous sommes dans la file pour payer, j'aperçois un peu plus loin ma tante et celle-ci semble chercher quelqu'un du regard, sans doute maman ou moi.

- Ne t'inquiète pas Mathilda, me dit la maman d'Amélie, je suis sûr que l'on va vite retrouver ta maman.

- Je vois ma tante là-bas, dois-je en le montant du doigt, je vais la rejoindre.

- Ah tant mieux, mais attends, tu parles français toi ?

- Oui, dis-je timidement...

- Tu aurais pu me le dire petite chipie, me dit-elle en me souriant ! Bon, je paie et je viens avec toi la voir.

Rapidement, l'achat est fait et toutes les trois nous dirigeons vers tata que je n'ai pas quitté des yeux pendant tout ce temps.

- Ah tu es là Mathilda, dit-elle en me voyant arriver. Faustine et moi commencions à nous inquiéter. Où est ta maman ?

- Elle est encore aux toilettes je pense, dis-je.

Faustine est avec elle et me regarde. Elle aussi, comme Amélie et sa maman, s'aperçoit que mon legging est mouillé, mais il semble que tata ne l'ai pas encore vu.

- Bonjour madame, dit la maman d'Amélie. Je me permets de vous interrompre. J'ai trouvé Mathilda toute seule dans la boutique et j'ai préféré la garder à mes côtés le temps de retrouver quelqu'un de sa famille.

- Bonjour madame, c'est gentil à vous merci.

- Oh mais c'est normal. J'ai imaginé que cela soit ma fille et j'aurais bien voulu que quelqu'un reste avec elle le temps que l'on me trouve. Je voulais vous dire que Mathilda a eu un petit accident. Sa couche a fuit et aurait besoin d'être changée. Si jamais vous en voulez une propre, je peux vous en donner une, je viens d'en acheter pour ma fille.

C'est alors que ma tante me regarde un peu plus attentivement.

- Mais Mathilda ne porte pas de couche, lui répond ma tante.

Tout en disant cela, ma tante se baisse pour être à ma hauteur et palpe mon entrejambe et mes fesses.

- Mais Mathilda tu es mouillée, et tu as une couche ? Tu la portes depuis quand ?

Bon, je n'ai plus le choix, il faut que je m'explique. Et là je commence à raconter les différents évènements qui se sont déroulés depuis que nous sommes dans la station de l'aire d'autoroute : la file aux toilettes, mon accident, l'achat des couches, sa mise en place, mon attente de maman dans la boutique et la rencontre avec Amélie et sa maman.

Tout le monde m'écoute, sans m'interrompre. Ce n'est pas très glorieux comme histoire à raconter, mais au point où j'en suis, je n'ai plus rien à cacher. D'ailleurs maman est arrivée vers la fin de mon histoire et fait donc elle aussi la rencontre d'Amélie et de sa maman.

- Merci de vous être occupé de ma fille, dit-elle justement lorsque j'ai terminé.

- Comme je le disais à votre sœur, c'est tout à fait normal.

- Est-ce que je peux vous offrir un café ?

- Pourquoi pas, oui, avec plaisir.

- Les filles, ajoute maman, vous pouvez aller jouer, mais ne vous éloignez pas d'accord ?

Nous acquiesçons toutes les trois mais, alors que nous allions nous éloigner quelque peu, maman m'interpelle.

- Mathilda, rapproche toi de moi s'il-te-plaît, je voudrais vérifier quelque chose.

À peine me suis-je rapproché d'elle, que maman, à son tour, tâte mes fesses.

- Mais dis moi, tu n'aurais pas déjà eu un nouvel accident toi ?

- Non maman, réponds-je honnêtement, mais aussi gênée de se faire demander ça devant tout le monde.

Sans me prévenir, ni même me demander mon avis, maman baisse le devant de mon legging qui est par ailleurs toujours mouillé. De sa main libre, elle presse la couche à mon entrejambe. J'ai honte, et je pense rougir comme jamais je n'avais rougis auparavant.

- Je crois que j'ai bien fait d'insister un petit peu pour te faire porter cette couche, dit-elle de manière assez forte, elle est mouillée. Elle n'a pas l'air d'avoir besoin d'être changée tout de suite par contre, on fera une nouvelle vérification avant de monter dans la voiture.

C'est sur cette remarque que Faustine, Amélie et moi nous éloignons.

- Je n'aurais pas aimé être à ta place, dit Amélie.

- Moi non plus, renchérit Faustine. Mais dis, tu ne t'es pas rendu compte que tu avais fait pipi dans ta couche ?

- Je n'ai rien senti, dis-je un peu honteuse.

Tout en discutant, je regarde du coin de l’œil maman et tata discuter avec la maman d'Amélie. Je peux voir que maman a dans les mains le paquet de couches acheté pour Amélie. Nul doute qu'elle parle aussi de moi.

- D'habitude, dis-je, quand je suis stressée je fais pipi dans ma culotte et je le sens tout de suite, mais là je n'ai rien senti avec la couche.

- C'est fait pour ça tu sais, dit Amélie. Moi j'en mets très souvent pendant les trajets ou dans les endroits où je ne pourrais peut-être pas aller rapidement aux toilettes, et ça m'a régulièrement sauvé d'un accident en public.

- Je suis comme toi, dit Faustine à son tour, sauf qu'en plus j'en mets la nuit car je fais pipi au lit.

Je les écoute parler toutes les deux et elles ont des points communs. Amélie a fait pipi au lit longtemps mais a arrêté il y a moins d'un an. Elles sont toutes les deux pas trop inquiètes de ce que pourraient dire les autres si on voyait ce qu'elles portaient comme sous-vêtements.

Le temps passe et nous nous sommes mis à discuter de tout un tas de choses. C'est alors que nos mamans viennent vers nous.

- Il est l'heure de repartir les filles, nous dit maman.

- Et nous on doit y aller aussi, dit la maman d'Amélie à sa fille. Tu dis au revoir Amélie ?

- Au revoir tout le monde.

- Au revoir Amélie, lui disons nous Faustine et moi.

Et c'est en regardant ses fesses légèrement rebondies que je vois Amélie partir. Cela me rappelle que moi aussi je porte une couche, et que j'ai fait pipi dedans sans m'en apercevoir tout à l'heure. Machinalement je passe ma main à mon entrejambe et appuie légèrement.

- Ah oui c'est vrai, me dit maman, j'avais presque oublié ton accident. Suis moi Mathilda.

Sans comprendre immédiatement ce que veut faire maman, je la suis tout en regardant Faustine et ma tante.

Maman se dirige vers la boutique et c'est dans ce rayon où j'ai rencontré Amélie que je comprends ce que vient faire maman : prendre un paquet de couches, le même que celui d'Amélie.

C'est donc avec un paquet de couches que maman et moi nous dirigeons vers les caisses. Je regarde de tous les côtés pour voir si l'on nous regarde.

Il y a bien ce garçon en caisse, devant nous. Il doit certainement être un peu plus âgé que moi au vu de sa taille. Il regarde maman, le paquet de couches et ensuite moi et mon entrejambe.

Son petit sourire me fait comprendre qu'il a compris. D'abord honteuse et inquiète, je crois qu'il est en train de se moquer mais en y réfléchissant et en le regardant à nouveau, je comprends que c'est un sourire de compassion, qu'il n'est pas du tout en train de se moquer, au contraire. Son sourire est plutôt comme une parole réconfortante et cela me fait du bien. C'est comme si je comprenais que tout le monde n'est pas là à me juger ou à rire de la situation.

À mon tour je lui souris et je le vois heureux. Il est sans doute allemand et nous ne nous reverrons sans doute jamais. Ces quelques secondes m'ont tranquillisé et c'est sans rechigner que j'accompagne maman une nouvelle fois dans cette pièce réservée aux bébés.

Maman m'aide alors à me déshabiller, et à enlever cette couche mouillée pour en remettre une propre.

Pas une parole n'est échangée entre maman et moi avant que je ne sois de nouveau habillée. Je suis sereine et je crois que maman l'est aussi.

C'est elle qui me serre la première dans ses bras juste avant de sortir et si elle ne l'avait pas fait, c'est moi qui l'aurait fait.

- Je suis contente que cela se passe comme ça, me dit-elle toujours en me servant dans ses bras.

- Moi aussi, maman.

Et c'est donc en portant une couche sous mon legging encore légèrement mouillé et avec un paquet de couches entamé que nous regagnons la voiture.

Cet arrêt sur cette aire d'autoroute allemande a été comme une révélation pour moi et je crois que je m'en souviendrai longtemps.

Pourquoi rejeter cette idée que porter une couche est peut-être une solution simple à mon problème d'accident de pipi ? Après tout, qu'est-ce que je risque à essayer comme dit maman.

La voiture roule à nouveau et quelques minutes plus tard, Faustine m'interpelle :

- Quelque chose a changé en toi.

- Je crois que je commence à comprendre, lui dis-je avec un clin d'œil.

Chapitre suivant : 🆓 Partie 6 : Premiers manèges
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